Chorges, cité Caturige, nichée entre Provence et Dauphiné : « Caturigo-magus », un village à l’histoire chaotique.
Les Caturiges à l’origine, étaient une peuplade qui, semble-t-il, faisait partie d’une vague humaine, participant à un vaste courant migratoire composé d’Ouralo-Altaïques, l’Oural et l’Altaï étant des régions du sud de la Sibérie, qui poussant ses troupeaux devant elle, en quête d’un pays neuf, au climat plus doux, plus riche en herbe, en gibier, en fruits, en fait, à la recherche d’un pays où mieux vivre, se serait installée dans ces vastes vallées, depuis peu dégagées de l’emprise glacière.
Cette colonisation est avérée, comme étant celle du bronze originel, « le Chalcolithique » (environ 2400 ans avant Jésus Christ). Ils y furent bientôt rejoints par des Ibères (Espagne), puis par des Ligures (pays de Gênes). Les Celtes ne seraient venus chez nous qu’en petit nombre, seulement un siècle et demi avant J.C. Puis arriva l’époque Romaine, qui fit de cette petite bourgade Caturige, la « Civitas Rigomagensium », station sur la voie Domitienne reliant Montgenèvre à Arles. Notre pays est aussi mentionné « Pays Rigomagensis », siège d’un évêché vers 480.
Après les invasions Ligures, Romaines, Lombardes, Arabes, Burgondes, les Goths s’installèrent, précédant les Francs. De nouveau, les Lombards revinrent puis les Sarrasins à leur tour s’établirent en Provence, dont ils furent chassés vers la fin du 10ème siècle. Au début du 12ème siècle, sous l’influence de la puissante maison Bénédictine de St Victor de Marseille, commence alors la construction de l’actuelle église du village. Elle fut classée Monument Historique en 1862.
Entre temps, le Gapençais et l’Embrunais étaient passés sous l’emprise des comtes de Provence et de Forcalquier, et le restèrent jusqu’au début du 13ème siècle, quand par filiation, en 1202, notre pays passa sous la férule des Dauphins du Viennois. Mais Provençaux et Dauphinois continuèrent encore longtemps à se disputer notre territoire.
En 1349, le Dauphinois fut absorbé par le royaume de France. Arrivèrent les guerres de religions. Les troupes du connétable de Lesdiguières mirent Chorges à mal en 1585. Un an plus tard, en 1586 ce sont les troupes Royales sous la houlette du Cardinal de Richelieu qui mettent le siège pour déloger les protestants, les fortifications du village sont détruites, et l’église incendiée.
En 1630, nouvelle épidémie de peste.
En 1692, pillages, destructions, incendies, sont le fait du Duc Amédée de Savoie, à la tête des troupes de la ligue d’Augsbourg. En 1770 un terrible incendie ravage le bourg. 1789, la Révolution à Chorges ? La prise de la Bastille n’émut guère la population, mais la cocarde tricolore fut arborée avec fierté et enthousiasme.
Le 5 janvier 1790, la France est divisée en 83 départements. C’est en l’église de Chorges, choisie pour sa neutralité entre Gap et Embrun, que du 4 au 12 juillet 1790, s’organise notre département. La ville de Gap est choisie comme Préfecture, Embrun comme sous-préfecture, en 1840, en raison de terrains trop dénudés, inondation et engravement du village par le torrent des Moulettes.
Notre commune était pourtant l’une des plus boisées du département. En effet, les boisements, à l’exception des forêts monastiques telles que celles de Boscodon ou St Maurice de Valserres, avaient presque entièrement disparues dans nos régions.
Suite à la loi R.T.M. (Restauration des Terrains de Montagne) de 1864, sous l’influence d’ingénieurs des Eaux et Forêts tels que messieurs Surrel et Demontzey, notre pays sera reboisé à partir de 1893.
1883, arrivée de la ligne de chemin de fer Veynes-Briançon.
1955, construction du barrage de Serre-Ponçon.